Bastien a 28 ans et est infirmier-anesthésiste au Luxembourg.
« Inconsciemment, j'ai toujours su que je travaillerais au Luxembourg. J'ai fait mon école d'infirmière, un an en France pour compléter ma formation puis je suis partie au Luxembourg. C'est vrai qu'on travaille 40 heures par semaine, mais bon, écoute, je pars dans trois semaines, je suis à 3 heures de la Grèce, 5 heures de Tel Aviv... Je ne m'inquiète pas, pas question de combien mon les vacances me coûteront cher. J'ai deux voitures, je rembourse mon prêt étudiant, mon crédit immobilier, j'achète des légumes bio... Et j'ai un abonnement au Stadio Atletico de Rome ! Connaissez-vous beaucoup de gens qui ont un abonnement dans un stade à 1000 km de chez eux ? A",copyright: Samuel Bollendorff / lesfilmsdubilboquet_samuel bollendorff / ©Samuel Bollendorff
L'Europe et l'effacement des frontières ont fait du Luxembourg un Eldorado dont les travailleurs frontaliers constituent la classe ouvrière. Chaque jour des dizaines de milliers d'ouvriers, de cadres et de petites mains affluent de la France vers le Luxembourg pour travailler. Chaque matin, ils laissent derrière eux un territoire sinistré par la crise, attirés par les salaires deux à trois fois supérieurs.